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La carte bancaire, un objet au centre de toutes les attentions

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La carte bancaire, un objet au centre de toutes les attentions

Les nombreuses innovations du marché bancaire développées par les industriels dans le but d'apporter des nouveautés et toujours plus de sécurité aux clients sont très souvent ralenties par les aspects réglementaires et institutionnelles imposés par des parties prenantes régies par des normes strictes.

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D'après l'étude PayObserver de Galitt, parue en juin 2022, 88% des consommateurs français interrogés privilégient toujours la carte de paiement physique aux nouveaux moyens de paiement type QR code ou paiements mobiles.

Cette tendance n'a pas échappé aux banques qui misent beaucoup sur leur nouvelle carte biométrique, une innovation technologique permettant le paiement avec empreinte digitale. Cependant, la biométrie n'est guère la seule tendance du moment dans le secteur bancaire mais s'inscrit aujourd'hui dans une réalité de transformation accélérée des moyens de paiement, sur un marché traditionnellement freiné par des réglementations strictes. Une transformation soutenue, stimulée par un contexte particulier, qu'il est nécessaire de mener avec attention, tant ses résultats conditionneront nos habitudes de paiement pour des années.

Des innovations en nombre sur un marché évoluant très lentement

Le déploiement des solutions bancaires reste avant tout un défi complexe et planétaire. En effet, pour qu'il puisse fonctionner à l'échelle mondiale, le secteur bancaire est régi par des normes strictes et la carte bancaire doit respecter de multiples critères pour être compatible avec les terminaux de paiement, les distributeurs automatiques de billets du monde entier, pour tout type de réseaux et l'ensemble des critères de certification (Mastercard, Visa, AMEX, etc.).

Or, les pistes d'innovation sont aujourd'hui extrêmement variées : ajout d'un capteur d'empreintes digitales ou d'un code dynamique à 3 chiffres pour sécuriser les ventes en ligne ; mais aussi l'usage de matériaux éco-responsables, une personnalisation du connecteur de la carte ou encore l'ajout d'option premium, comme la mise à disposition d'une carte lourde ou métallique.

A cela s'ajoutent des changements liés au logiciel et à la procédure de validation, comme le fait de passer par une application sur smartphone ou encore le « PIN online » mis en place par une entreprise de taxis parisiens depuis début 2022. Du moindre changement esthétique à l'ajout des nouvelles fonctionnalités clé, tout est pour le secteur bancaire un défi technologique sur lequel travaillent des équipes entières d'ingénieurs.

L'innovation, une question de contexte...

Bien entendu, les multiples innovations concernant la carte bancaire n'ont pas été développées en quelques mois. De nombreux industriels y travaillent au quotidien. Mais le changement observé aujourd'hui ne concerne pas uniquement le travail de recherche de fond mais aussi bien la rapidité du déploiement de ces nouvelles solutions, les moyens de communication fournis par les banques pour populariser et renforcer l'adhésion de leurs clients aux nouveaux produits, et l'enthousiasme des utilisateurs finaux.

Cette nouvelle réalité qui vise à proposer au client un bénéfice supplémentaire dans l'utilisation de sa carte se justifie par un contexte particulier. D'un côté, l'ensemble des acteurs du secteur ambitionnent de renforcer la sécurité de la carte bancaire dans un monde où les cyberattaques se multiplient. De l'autre, les banques identifient également le besoin de faire de leur carte de paiement la carte préférée du client, alors que ce dernier en possède plusieurs. Cette recherche de l'effet « top of the wallet » est particulièrement présente aux Etats-Unis, avec à la clé des systèmes de récompense en cas d'utilisation de la carte à chaque transaction. Cela motive nombre d'initiatives pour donner visuellement plus envie au client d'utiliser une carte plutôt qu'une autre.

Enfin, le contexte de la crise sanitaire a accéléré le déploiement du « sans contact », plus hygiénique, et du cryptogramme à 3 chiffres dynamique, sécurisant davantage les achats en ligne, de la même façon que, quelques années plus tôt la validation d'un paiement via une application sur smartphone était directement impulsée par la mise en place d'une nouvelle réglementation européenne (DSP2).

...aux conséquences ressenties pendant des années

Mais, sur un marché lent à évoluer tel que le bancaire, ce contexte de changements entraînera des conséquences importantes que les consommateurs ressentiront pendant des années. Il convient alors d'y apporter une attention toute particulière. Mais, une fois la technologie développée et certifiée, son déploiement est rarement rapide. Si l'on prend l'exemple de la bande magnétique - créée à la fin des années 1960 et popularisée aux Etats-Unis dans les années 1970 - elle a été concurrencée par la carte à puce dès les années 1990. Cependant, en 2022 encore, nous disposons tous de ces cartes avec bande magnétique. Sa fin est prévue d'ici 2033 seulement : = la priorité des banques est de permettre au porteur de la carte de pouvoir effectuer des paiements où qu'il se trouve dans le monde, y compris dans des zones n'ayant pas encore les derniers systèmes de validation de transaction

L'apparition récente du « PIN online » a fait parler de lui, en promettant aux clients de pouvoir s'affranchir de la limite de 50€ pour le paiement sans contact. Or, ce procédé s'oppose aux solutions plus modernes comme la biométrie qui supprime tout plafond pour les paiements sans contact. En somme, une solution logicielle, qui implique d'utiliser un code et de toucher le clavier d'un terminal de paiement, apparaît comme innovante, alors que le bénéfice qu'elle apporte est déjà par d'autres plateformes plus abouties comme la carte biométrique.

De même, si l'on reprend l'exemple de la validation des paiements par une application, un procédé créé donc au moment de la mise en place du DSP2 (la deuxième directive européenne sur les services de paiement), force est de constater que sa mise en place a obligé les clients à subir une étape supplémentaire de validation, sans parler des difficultés qu'elle pouvait et peut causer si le smartphone du payeur n'est pas chargé, ou simplement ne se trouve pas « sous la main ». Aujourd'hui, les Français s'y étant habitués, son usage perdure, et risque de perdurer encore longtemps, et ce malgré l'apparition de solutions plus modernes et innovantes.

L'évolution actuelle de la carte bancaire rappelle que la dynamique de l'innovation dépend d'un nombre de critères : des capacités technologiques et industrielles, du cadre juridique, du contexte macroéconomique et de l'appétence des clients et des utilisateurs finaux ... Mais il s'agit avant tout d'une responsabilité de tous les acteurs de la chaîne du paiement pour proposer aux clients seules les innovations véritablement efficaces, durables et sécurisées. Un objectif qu'il paraît plus utile que jamais de rappeler.

Pour en savoir plus

Franck Germain, VP Marketing chez Linxens


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